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Croire aux forces de l'esprit

Je crois aux forces de l’esprit”...En coïncidence avec la dernière présentation de ses voeux télévisés aux Français le 31 décembre 1994, Mairie de Hennezel, psychologue et psychotérapeute éclaire dans son récent ouvrage, la déclaration désormais mythique de François Mitterrand.

 

Témoin privilégiée durant douze ans de la soif spirituelle de l’ancien Chef de l’Etat, elle évoque non pas l’homme public ou l’homme privé mais l’homme intérieur, aux prises avec ses interrogations métaphysiques. Se sachant condamné par la maladie, le Président de la République à la fin de son second septennat se montrait curieux des choses de la mort et de l’esprit. A bien des égards mystique et porté par un sens du divin, Marie de Hennezel nous révèle “l’expérience sensible de Dieu” chez François Mitterrand, qu’il a dû “garder tout sa vie au secret”.

 

Elevé par une mère croyante et pratiquante, François Mitterrand s’est rapidement dégagé du dogme, de la théologie et des "discours religieux", mais à “l’automne de sa vie”, il a cherché, cherché encore, cherché toujours. Mais que cherchait-il au fond ? Lui seul comprenait, car lui seul savait. Mais il se gardait bien de confondre religion et spiritualité. “La première divise, disait-il, la seconde rassemble. Car les spirituels ont une communauté d'intériorité.”

 

Tour à tour, sont évoqués parmi tant d’autres, le chrétien Maurice Zundel, Moïse,  Saint Paul, mais aussi les patients des soins palliatifs, les énergies druidiques ou les forces de la nature. Ce panorama secret de François Mitterrand avec lui-même, rappelle ce qu’il voyait du haut de la roche de Solutré lors de la Pentecôte  : “ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, ce qui change et ce qui ne change pas”.

 

Croyants, athés et agnostiques ne trouveront pas là des révélations fracassantes. Mais un tableau sensible d’un homme comme les autres, qui au seuil de sa vie, aurait voulu savoir si elle trouvait quelconque prolongation ailleurs. Interrogé peu de temps avant son décès par Bernard Pivot qui lui demandait ce que Dieu lui dirait après sa mort, François Mitterrand répondait : “sois le bienvenu”.

 

Le 6 janvier 1995, Danielle Mitterrand écrivait une lettre qui composa la post-face de son ouvrage “En toutes libertés” dans laquelle elle révélait finalement que François Mitterrand n’était pas vraiment parti. “Je ne vous quitterai pas” disait-il. En effet, les morts ne le sont vraiment qu’au jour où les vivants cessent de penser à eux et de prolonger ce qu’ils furent.

 

D.C.

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“Croire aux forces de l’esprit”

Marie de Hennezel

Editions Fayard

Prix conseillé : 19 euros