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 Le selfitisme pure maladie obsessionnelle ou narcissisme?
 Du nom de selfitis, selfite en français, le syndrome désigne l'envie irrépressible de se prendre en photo sans arrêt avec son téléphone ...
 

 

La prise incessante de selfies avec les téléphones semble être une réelle maladie mentale, selon une nouvelle étude. Ses auteurs utilisent un terme pour qualifier ce phénomène: le "selfitis". Il existe même un moyen simple de le diagnostiquer.

 

Le selfie est devenu une pratique courante voire omniprésente sur les réseaux sociaux. Déjà accusé de favoriser des accidents parfois mortels, il peut devenir une véritable addiction, autrement dit une maladie mentale, selon une étude. Ses auteurs, membres de l'Université de Nottingham Trent et de la Thiagarajar School of Management, utilisent même un terme pour désigner cette manie obsessionnelle de toujours vouloir se prendre en photo: le selfite, ou selfitis.

Les chercheurs avaient commencé à enquêter sur ce phénomène après un canular paru dans les médias en 2014, affirmant que la pratique du selfie avait été classée comme un véritable trouble mental par l'American psychiatric association. Leur étude confirme maintenant l'existence de ce symptôme avéré de trouble mental, développant une "échelle de comportement du selfite" qui peut être utilisée pour évaluer sa gravité. Cette méthode a été mise au point à partir de groupes de discussion avec 200 participants et a été testée auprès de 400 participants.

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Des psychologues se sont penchés sur un autre trouble qui pourrait affecter la santé mentale de Vladimir Poutine : le syndrome d’Hubris. Le concept d’Hubris vient de la philosophie grecque. Dans les tragédies, le syndrome d’Hubris permet au héros de narrer ses grandes épopées en se hissant au rang des dieux. Des recherches ont mis en évidence plusieurs traits communs aux personnes qui en sont atteintes : comportement narcissique, contestation du droit et culte de la personnalité. Le fait d’humilier ses collaborateurs, l’absence de confiance au sein d’une équipe voire la paranoïa sont aussi les signes de ce trouble de la personnalité qui pourrait toucher le président russe.

Quels sont les symptômes du syndrome d'Hubris ?

Plusieurs symptômes comportementaux sont associés au syndrome d'Hubris. Selon le médecin et ancien ministre anglais David Owen, il faut en présenter au moins trois ou quatre de la liste suivante pour être considéré comme atteint de ce syndrome : 

  • Propension narcissique à voir le monde comme arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire
  • Prédisposition à engager des actions susceptibles de se présenter sous un jour favorable, c'est-à-dire pour embellir son image
  • Attrait démesuré pour l'image et l'apparence
  • Manière messianique de parler de ce que l'on fait avec une tendance à l'exaltation dans la parole et les manières 
  • Identification de soi-même à la nation dans la mesure où les perspectives et intérêts des deux sont identiques.
  • Tendance à parler de soi à la troisième personne ou à utiliser le "nous"
  • Confiance excessive en son propre jugement et mépris pour les conseils ou critiques d'autrui.
  • Confiance en soi exagérée, à la limite d'un sentiment de toute-puissance, dans ce qu'ils peuvent réaliser personnellement.
  • Conviction qu'au lieu d'être responsable devant l'opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l'histoire souvent accompagnée d'une conviction inébranlable que dans ce tribunal on leur donnera raison
  • Agitation, insouciance et impulsivité.
  • Perte de contact avec la réalité, souvent associée à un isolement progressif
  • Tendance à accorder de l'importance à sa "vision", à son choix, ce qui évite de prendre en considération les aspects pratiques ou d'évaluer les coûts et les conséquences indésirables.
  • Incompétence, lorsque les choses tournent mal parce qu'une confiance en soi excessive a conduit le leader à négliger les rouages habituels de la politique, du droit d'en savoir plus

 

 

Existe-t-il des traitements contre le syndrome d'Hubris ?

Il n'y a pas de traitement au sens "médicamenteux" pour "soigner" un syndrome d'Hubris. Selon le Dr David Owen, les symptômes s'atténuent généralement lorsque la personne n'exerce plus de pouvoir. Il faudrait aussi qu'elle soit entourée de critiques pour contrer son sentiment de "toute puissance" absolue. Mais encore faut-il que cette personne entende ces critiques et qu'elle parvienne à modifier son raisonnement ce qui est rarement le cas.

 

"Le silence est toujours plus dangereux que la parole."

 A faire

Test : êtes-vous atteint de la maladie du pouvoir ?

Cette maladie du pouvoir, on l’appelle aussi l'"hubris". Couramment utilisé dans le monde anglophone mais peu en France, il s'agit d'un terme grec, qui signifie démesure. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : un trouble qui intervient avec l’accession et la pratique d’un  pouvoir.

L'historien Mathieu Fulla (chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po) explique dans un article du Monde daté du 13-14 mars 2022 pourquoi "le logiciel social démocrate n'a jamais pris dans les différentes composantes de la gauche française, pas même au PS" ( à lire dans son intégralité).

"Déclarée moribonde depuis les années 80, la social-démocratie semble connaître un certain regain électoral en Europe ?  Sa capacité de réinvention n'a jamais convaincu la gauche française. Ses dirigeants actuels s'inscrivent dans une longue tradition de défiance de la part de la France insoumise, du PC, de l'écologie politique, des formations trotskistes qui restent fidèles à leur anticapitalisme traditionnel". Mais le Parti Socialiste n'est pas mieux disposé, paradoxalement , à l'égard de la social-démocratie. Aujourd'hui on voit cela au travers de l'action de certains militants qui par leur attitude font fuir de nombreux adhérents.

La social-démocratie et c'est un succès indéniable, au travers chaque expérience nationale, repose sur un compromis entre travailleurs et patrons. Rassurés par l'absence de remise en cause de la propriété privée les patrons acceptent le principe de politiques redistributives, d'inspiration keynésienne, une fiscalité progressive sur le travail et le capital,  un état social généreux et une plus grande association des travailleurs aux décisions de l'entreprise.

Le faiblesse, des enracinements du socialisme français dans les milieux syndicaux et dans le monde associatif et des taux de syndicalisation ne facilite pas sa sociale démocratisation de la gauche. Gouverner par le contrat plutôt que par la loi est une gageure. La longue domination du PCF sur la gauche française et sur la direction de la CGT ont empêché tout plaidoyer social démocrate accusé de trahir l'idéal révolutionnaire. Depuis 1981 les partisans d'une social-démocratie à la française ont été souvent minoritaires (Mauroy, Rocard, Delors, Hollande). Le divorce entre les gauches de gouvernement et les couches populaires s'explique par le renoncement des premières à l'idéal transformateur et non violent de la social démocratie qui lui permettait de ne pas être perçue comme "l'aile avancée du libéralisme réformiste de marché". "Un renouvellement de cette idéologie, plus soucieuse des questions environnementales et du soutien aux plus précaires permettrait peut-être au socialisme français de retisser des liens avec ces électeurs perdus depuis longtemps ".

Mathieu Fulla"le socialisme français et l'économie (1944 1981), Extraits